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L'équarrissage

S'il s'agit de bâtir un raccard ou une grange, il suffit d'équarrir superficiellement les troncs, d'en aplanir les parties arrondies. Pour fabriquer une paroi compacte, faite pour bien isoler un appartement contre le froid, le travail est différent. On commence par écorcer le tronc si cela n'a pas été fait lors de l'abattage. On le fixe ensuite sur deux chevalets peu élevés ; un ouvrier se place à chaque extrémité du tronc ; les deux tendent une petite corde noircie de suie qu'un troisième, au milieu du tronc soulève et laisse retomber sur le bois. La ligne dessinée par la cordelette indique jusqu'où il faudra enlever le bois. S'il y a beaucoup de matière à enlever, on fait plusieurs entailles dans le tronc, sans jamais dépasser la ligne marquée. Ce procédé permet d'enlever le plus gros à grands coups de hache. On achève le travail avec une hache de charpentier, outil à tranchant très long. Le travail est assez délicat parce qu'il faut couper la ligne marquée en son milieu. Le charpentier dit connaître le bois : tantôt les fibres sont toutes droites et le travail avance vite, tantôt elles sont tordues et il risque de dépasser la ligne. Il se sert d'un outil dont il existe deux variantes, l'une pour droitiers, l'autre pour gauchers, selon
que le manche de l'outil s'écarte vers la gauche ou vers la droite par rapport à la direction du tranchant. Selon la nature du bois, il se peut qu'un gaucher avance plus facilement ou inversement.

Les charpentiers travaillent ainsi les quatre faces de la poutre qui, après l'équarrissage, se présente comme aplanie au rabot. Elle est à section rectangulaire, d'une épaisseur de 14 à 15 cm d'épaisseur, et de 30 à 40 cm de hauteur, avec le coeur du tronc au milieu.

Ce gaspillage considérable de bois a conduit à d'autres méthodes d'équarrissage. Ainsi, on a taillé des poutres à épaisseur double qu'on partageait ensuite par le milieu. Pour ce faire, on les perçait sur toute la ligne de partage au moyen d'un foret. Ensuite, à l'aide d'une hache et de plusieurs coins qu'on plantait dans les trous, on fendait le gros bloc. Quelquefois on aperçoit encore les traces du foret sur la surface d'une poutre, si par hasard cette poutre se trouve à l'extérieur du bâtiment.

La bambane, grande scie à cadre, a apporté une amélioration à ces travaux. 

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©powered by /boomerang - Photos : Photo-genic.ch et Pierre-Alain Oggier - 2011
 
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